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Je me présente...

Bonjour à tous,

Je suis une petite souris télépathe, à la suite d'un incident électrique combiné à un capital génétique modifié, mes capacités cognitives sont sans limites.

 Je suis née d’un mélange improbable.
Ma mère était une petite souris grise des entrepôts, vive et discrète, une survivante née. Mon père, lui, portait en lui l’odeur des blouses blanches et des néons de laboratoire. Il s’était échappé après une nuit de chaos provoquée par des humains d'une cellule de terroristes greenwashing venus détruire ce qu’ils appelaient un lieu d’horreur. Avant sa fuite, des chercheurs avaient modifié son corps, cherchant à sauver des vies sans savoir qu’ils bouleverseraient la mienne. Mon pelage prit ainsi cette teinte bleutée étrange qui me valut plus tard mon nom : Bluety.

Je suis née trois cent quatre-vingt-sept cycles jour-nuit avant le jour zéro de la croisière précédente, maintenant quasi quatre cents cycles Ma vie de jeune souricette a commencé dans un recoin poussiéreux d’un immense entrepôt de colis venus de loin. Le monde s’ouvrit à moi entre cartons, palettes et odeurs d’huile froide.

Mes premiers souvenirs sont des éclats de douleur. J’étais encore une souricette quand j’ai vu mes parents mourir, tordus par un poison bleu laissé par nos hôtes. Les humains riaient en découvrant leurs corps inertes ; je ne comprenais pas leurs mots, mais je comprenais leurs gestes. Trois jours plus tard, deux de mes frères furent happés par un chat tombé sur nous comme une pierre du ciel. Je revois encore la poussière se soulever, leurs cris étouffés, et moi figée dans le tunnel étroit qui menait dehors.

Nous sommes restées deux, ma dernière sœur et moi, terrées dans l’obscurité pendant deux jours entiers. Puis nous avons traversé la jungle industrielle du port d’Anvers , un monde de métal, de tuyaux géants et d’échos sans fin. Après des jours à longer ces serpents d’acier, nous avons trouvé un coin plus calme près de la frontière hollandaise. La promesse naïve d’un fromage meilleur nous poussa à creuser un terrier sous un bloc de béton, au pied d’un réseau de pipelines. C’était un château pour nous.

Depuis la mort de mes parents, j’ai compris une chose essentielle : survivre exige une vigilance absolue. Le danger surgit sans prévenir. Pourtant, les humains ne sont pas tous semblables. Certains rient de la mort ; d’autres piègent les chats qui nous chassent. Dans la steppe industrielle, il m’est arrivé de voir des souris danser de joie quand un félin était capturé. Alors j’ai appris à rester au centre des terrains grillagés : les chats peuvent y entrer, mais ils n’atteignent presque jamais le cœur avant d’être pris.

Je nourris pour les humains des sentiments contradictoires. On raconte que les femmes détestent les souris grises mais adorent les blanches, comme si la couleur décidait de la tendresse. Mes compagnons disent que les hommes nous pourchassent pour impressionner leurs partenaires. J’en ai parfois conclu que certaines humaines étaient mes ennemies… Puis je me surprends à leur ressembler tant. Leur fatigue, leurs rêves, leurs élans de courage me parlent.

Je me suis formée seule : curiosité, prudence, patience, logique. Hésiter peut tuer ; observer peut sauver. Devenue mère à mon tour, j’ai découvert l’empathie comme une seconde peau. Pourtant, une lassitude m’habite parfois. Je rêve d’aventures impossibles, de bonds audacieux au-dessus des obstacles, d’une agilité de félin que mon corps ne possède pas. Mais ma raison me retient, me rappelle les risques invisibles.

Lors de la croisière de la dame de pique, j’ai pu découvrir de nombreuses facettes des émotions humaines.

Découvertes déconcertantes, aspects contradictoires, des flashs sensuels provoqués par la douleur, par des caresses douces et tendres, par des sévices humiliants imposés à leurs partenaires, tout comportement non naturel…

Mais je me délecte de mon rôle de spectatrice voyeuse. 

 

La croisiére de la dame de coeur

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